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Bernard Teulon Nouailles Galerie des sources, 17 avril-15 mai 2004
Les tableaux d’Aline Jansen sont résolument abstraits mais semblent se situer à la conjonction des deux infinis : l’infiniment petit à quoi peuvent faire penser les gros plans constamment réitérés sur la matière grouillante, l’infiniment grand auxquels semblent faire allusion le sourd tellurisme de sa cosmogonie intime. Les couleurs, par grandes déclinaisons, concourent à cette impression duelle.
L’espace à peindre devient alors le territoire où figurer son rapport au monde, où retrouver son équilibre foncier et ses repères formels. Au fond j’ai envie de dire que, prise entre deux vertiges, Aline Jansen a besoin de rétablir le contact perdu avec la terre-matière.
La vie quotidienne accorde une importance phénoménale à l’image standardisée, caractérisée d’un côté par sa platitude de l’autre par son caractère virtuel, parfois superficiel et fonctionnel – et qui ne saurait se substituer au réel sinon à crée un réel d’un autre type. L’expérience de la peinture telle que la conçoit Aline Jansen résiste à cette suprématie iconique et vise à dynamiser la matière.
Mais animer la Peinture réclame du temps, que la vie quotidienne nous refuse. La Peinture, activité non fonctionnelle a priori, permet de retrouver les valeurs égarées. C’est pourquoi la matière acquiert du relief sous les doigts de l’artiste. La surface est souvent traversée de lignes mouvantes qui semblent se prolonger à l’infini, à l’extérieur du tableau.
Enfin le collage offre une référence directe à la réalité dont le détail est issu et qui vaut pour le monde extérieur – ou intérieur - dans son ensemble. C’est assez indiquer l’ambition du peintre d’intégrer l’univers dans l’espace circonscrit du tableau. Car c’est l’espace qui intéresse l’artiste, mais un espace qui ne serait pas constitué avant tout de vide, un espace au contraire où la matière concentrée joue son rôle à plein, un espace qui cherche de surcroît à capter la lumière.
Car c’est elle, et ses déclinaisons colorées, qui unifie et donne son sens à l’œuvre, une œuvre à dimension humaine, ce à quoi concourt le format mesuré du tableau. La production récente a tendance à disséminer les éléments intégrés sur la surface et inversement le contour est fermement cerné.
C’est qu’il importe à l’artiste d’une part d’affirmer son territoire, d’autre part d’y exercer sans contrainte la liberté de manœuvre, spirituelle et pratique. Il n’est que trop de contrainte dans le monde alentour |
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Texte pour l'exposition à "Lamalou les Bains"
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317 bleu ocre turquoise 100 x 100
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312 Rouge centre clair 70 x 80 |
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